Les Echos: “Non aux cohortes étrangères!”

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First, we show that periods of high stock market valuations are systematically followed by large increases in reported frauds. We then show that during periods of suspicious accounting, firms hire and invest excessively, while insiders exercise options and sell stocks. When the misreporting is detected, firms shed labor and capital and productivity improves. In the aggregate, our model seems able to account for periods of jobless and investment-less growth. –“The Economics of Fraudulent Accounting,” Simi Kedia and Thomas Philippon, NBER Working Paper No. 11573, August 2005, Revised February 2006, JEL No. E0, G3. Copyright reserved by the authors.

Quoi ces cohortes étrangères!
Feraient la loi dans nos foyers!
Quoi! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fils guerriers!

Thomas Philippon : Des médias indépendants, condition d’une bonne gouvernance des entreprises (Les Echos, France): The staff of French business daily, currently owned by the FT-owning Pearson Group, would rather not be Gazprommed, as I have note before. See also

The newsroom staff has organized an entire section on the debate over the proposed sale to the LVMH luxury goods group, with testimonials from a number of prominent biz brains. Here, Thomas Phillipon of NYU’s Stern School of Business offers an answer to the burning question of the hour:

The debate is heating up here in Brazil as well, with a proposed rule from the CVM — the Tupi SEC — to curb “pump and dump” and “gabbling ratfink” tactics in the business press — including what I like to call “nam myoho renge kyo journalism,” I would imagine. See

And see also

There is fierce resistance here, under the by now all too familiar banner of that peculiarly libertine notion of “freedom of expression.” I have a recent article in my clippings file from Consultor Jurídico in that general vein that I will excerpt pra inglês ver when I get a chance.

Disclosure: I used to hang around a lot of those Stern seminars on market structure and the like when I was trying to figure out how on earth to earn a living covering rocket science when my degree was in poetry, and took a few courses at the NYU continuing ed program in publishing once upon a time. The NYU Weltaunschauung has therefore probably infilitrated my brain, insidiously.

Next thing you know I will discover that it has been infiltrated by the same infinitely guileless  communist supermen as the Council on Foreign Relations. See

Un grand nombre de journaux, de radios et de chaînes de télévision français sont détenus par des groupes industriels, et le rachat des ” Echos ” par LVMH ne ferait que renforcer cette singularité nationale. L’enjeu recouvre deux questions distinctes. Premièrement, quel est le rôle des médias dans la gouvernance économique ? Deuxièmement, quelle est l’influence réelle de la nature du propriétaire sur le contenu d’un journal ? Une étude américaine récente montre l’importance des médias pour la détection des fraudes financières.

A large number of newspapers, radio stations and TV networks in France are owned by industrial groups, and the sale of “Les Echos” to LVMH only reinforces that singular fact about the French news media. The deal raises two different questions. First, what is the role of the news media in economic governance? And second, What is the real nature of the influence the owner has over the content of a newspaper? A recent U.S. study shows the imporrtance of the news media to the detection of financial frauds.

Dans l’ensemble des fraudes par des grandes entreprises (actifs supérieurs à 750 millions de dollars) entre 1996 et 2004, la SEC (le principal régulateur) n’a révélé que 6 % des cas. Les médias représentent 14 % des détections, au même niveau que les auditeurs, mais en dessous des employés (19 %). Et ceci a lieu dans un pays où les régulateurs sont puissants et ont une tradition d’indépendance. Quand les régulateurs sont faibles ou corrompus, les médias représentent souvent le dernier recours.

On fall the frauds uncovered at large firms (assets over $750 million) between 1996 and 2004, the SEC revealed less than 6% of the cases. The media detected 14%, the same proportion as auditors, but fewer than employees (19%). And this is a place where regulators are powerful and there is a tradition of regulatory independence. When regulators are weak or corrupt, the media ofter represent the last hope.

En Russie, le fonds d’investissement Hermitage utilise la presse anglo-américaine pour révéler les scandales et mettre les compagnies fautives sous pression. Cette stratégie est efficace (2) car elle touche la réputation internationale des entreprises et force les régulateurs locaux à agir. Les médias jouent donc un rôle décisif dans la gouvernance économique d’une démocratie moderne. Il faut s’interroger sur les conditions qui garantissent leur impartialité.

[tktktktktk]

L’impartialité des médias peut, en théorie, être garantie de deux manières : par les statuts et la mise en place de comités indépendants, ou par la compétition et l’intérêt bien compris des propriétaires. En pratique, la garantie statutaire semble largement illusoire. Rupert Murdoch, qui tente maintenant de racheter le ” Wall Street Journal “, avait mis en place lors de son achat du ” Times of London ” en 1982 un ” independant board ” que la plupart des commentateurs jugent inefficace.

The impartiality of the news media can, in theory, be safeguarded in one of two ways: In the corporate by-laws, by institutiting independent commissions, or through competition and the enlightened self-interest of owners. In practice, the by-law method seems largely illusory. Murdoch, in his bid to buy the Wall Street Journal, had instituted such an independent commission with his purchase of the Times of London in 1982, but most commentators find it ineffective.

The effects of a similar commission, asked to evaluate the impartiality of BBC business journalism, on BBC upper content management practices can be gauged by the gabbling spin they issued to muddy the results — itself the most dramatic symptom of the kind of Orwellian nonsense they pump out these days, under the heading of Impartiality 2.0 or “radical impartiality,” over there at the “erotic pickle” building:

Qu’en est-il de la capacité du marché concurrentiel à garantir l’indépendance de la presse ? La valeur économique de la réputation d’un journal limite évidemment les intrusions, mais l’histoire nous enseigne aussi que les conflits d’intérêts potentiels finissent toujours par se réaliser. La crédibilité de la garantie d’indépendance dépend de l’équilibre entre ces deux forces, et elle varie au cas par cas. On peut tout de même insister sur deux paramètres souvent négligés dans le débat français.

[tktktktktk]

D’abord, comme pour toutes les acquisitions, il faut se poser la question du projet industriel. Dans le cas de Rupert Murdoch, qui offre 5 milliards de dollars pour le ” Wall Street Journal “, il s’agit d’étendre l’image de marque ce journal à d’autres branches de la News Corporation, en particulier le Fox Business Network, ce qui suggère que les incitations à maintenir la réputation du journal seront fortes. Dans le cas de LVMH, par contre, on ne comprend pas encore très bien la nature du projet industriel, ce qui le rend plus douteux. Qu’est-ce qui justifie les 250 millions d’euros que LVMH semble prêt à dépenser pour acquérir ” Les Echos ” ?

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Finalement, il faut prendre en compte l’attitude des lecteurs. Une étude récente (3) montre que c’est d’abord pour faire plaisir à leur audience que les médias américains biaisent les informations qu’ils présentent. Ceci conduit naturellement les lecteurs de gauche à lire des journaux de gauche, et les lecteurs de droite à lire des journaux de droite. Cette polarisation de l’information rend le consensus difficile et pousse naturellement vers des positions extrêmes. Or, dans un pays comme la France, où les questions économiques sont trop souvent traitées de manière idéologique et où la confiance entre la société et les milieux d’affaires est déjà mauvaise, la présence d’une source d’information économique compétente et impartiale est particulièrement cruciale. C’est pourquoi ” Les Echos ” sont irremplaçables.

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Footnotes:

(1) ” Who Blows the Whistle on Corporate Frauds ? “, par Alexander Dyck, Adair Morse et Luigi Zingales.(2) ” The Corporate Governance Role of the Medias “, par Alexander Dyck, Natalya Volchkova et Luigi Zingales.(3) ” What Drives Media Slant ? “, par Matthew Gentkow et Jesse M. Shapiro.

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